vendredi 5 octobre 2012

My Little Princess




Votre liberté vous a été confisquée par votre mère au nom de l'amour, mais aussi au nom de l'art. Avez-vous l'impression de la reconquérir aujourd'hui grâce à votre film, comme une catharsis ?
D'une certaine façon, oui, mais la difficulté tient au fait qu'il n'y a guère de réparation possible face à quelqu'un qui vous a tant brutalisée, tant meurtrie. J'ai fait ce film car j'avais envie de raconter des histoires comme réalisatrice, mais ma pensée était sans cesse piratée et paralysée par mon propre passé. 

Où se situe la frontière entre vérité et fiction ?
Je raconte une histoire de monstre, mais à la façon d'un conte. Ma mère réalisait des photos de moi dénudée, et elles sont parfois inmontrables. J'ai édulcoré les choses, car la vérité est trop trash. Or je voulais un film séduisant et supportable. J'ai donc travaillé sur mes propres limites, et je me suis arrêtée là où ma blessure était trop grande. Quant au dispositif esthétique, j'ai pensé à Brian De Palma, Robert Aldrich, aux films de série B... Aux héroïnes de Fassbinder et à la Lolita de Kubrick, aussi.